Herodote.net

L’Histoire interdite

Le blog de Franck Ferrand

Corneille/Molière : de nouveaux éléments relancent l’affaire !

10 mars 2009

ÉVÉNEMENT

Franck Ferrand

propose une conférence - débat :

Corneille / Molière :
De nouveaux éléments relancent l’affaire !

avec la participation de Jean-Laurent Cochet, de Gil Corneille et des grands acteurs de l’affaire (H. Wouters, D. Boissier,…)

Lundi 30 mars à 19h30
(nombre de places limité)

Information et réservation (indispensable)

cercleoscarwilde@free.fr

Merci pour votre soutien et à bientôt !

Dockers marseillais

10 mars 2009

Le patronat et la mairie de Marseille se sont élevés contre les grèves et les obstructions visant à entraver l’activité du port phocéen. Ils demandent au président de la République de faire appliquer, à Marseille comme ailleurs, la réforme portuaire…
Les ouvriers en grève s’opposent en effet à la mise en place, dans ce qui reste le premier port de France et le deuxième d’Europe, de cette réforme nationale, décidée par le gouvernement il y a plus d’un an. Ce qui pose problème selon ces activistes, c’est le transfert du secteur public vers le secteur privé d’un certain nombre de matériels et – surtout – de personnels (à Marseille, à peu près la moitié des emplois du port serait concernée).
La CGT locale – traditionnellement importante chez les dockers marseillais – essaie de bloquer l’activité du port – avec notamment, samedi dernier, la spectaculaire interdiction d’accoster d’un paquebot de croisière. Déjà en 1994, un conflit très dur avait opposé acconiers et dockers de Marseille ; il s’était soldé par la victoire de ces derniers…
C’est l’occasion d’évoquer cette mythique profession de docker… Les « docks », en anglais, ce sont les quais ; les dockers sont donc les « hommes de quai » – en bon français : les débardeurs.
Pendant des siècles, ce fut un métier très dur, puisque on chargeait et déchargeait la plupart des marchandises à dos d’homme ! Cela pouvait durer des semaines, pendant lesquelles on voyait des files de débardeurs emprunter cette petite passerelle qu’on appelle la coupée.
On comprend, dans ces conditions, la tradition syndicale musclée de la profession. Evidemment, tout cela a changé depuis la dernière guerre ; les conteneurs se chargent désormais à la grue ou au chariot élévateur… Plus de « gros bras », donc. Quant à l’organisation de ce travail, les lois de 1947 et 1992 l’ont fortement réglementé, transformant des ouvriers journaliers, au statut précaire, en employés mensualisés. Aussi bien ce qui pose question, à Marseille notamment, c’est désormais leur appartenance au secteur public ou privé.

Chronique du 10 mars 2009

Les troubles en Ulster

10 mars 2009

Deux soldats britanniques ont été tués, et quatre autres personnes grièvement blessées dans l’attaque d’une base militaire par un commando armé, en Irlande du Nord.
Cet attentat a été revendiqué par une branche dissidente de l’IRA, fondée en 1997 - c’est-à-dire au début de la négociation qui devait conduire, l’année suivante, aux fameux accords de paix dits « du Vendredi Saint ». Certains extrémistes républicains, en effet, n’ont jamais accepté le processus de paix qui, il y a 18 mois, avait abouti à la formation d’un gouvernement partagé entre républicains (descendants pour la plupart d’Irlandais et donc catholiques) et royalistes (descendants majoritairement de colons anglais et écossais, donc protestants).
Ce qui s’est passé samedi rappelle tristement les fameux « troubles » – cette sorte de guérilla qui, de 1969 à 1998, a secoué l’Ulster et fait, en près de trente années, quelque 3500 morts.
Au moment du déclenchement de ces « troubles », il y avait longtemps que des tensions couvaient entre les communautés d’Irlande du Nord. Pour comprendre la situation, il faut remonter, au moins, jusqu’au traité de Londres, en 1921, qui a donné naissance à un dominion irlandais au sein de l’Empire britannique – Etat devenu la République d’Irlande en 1937.
Il se trouve qu’un sixième de l’île, au Nord – la région la plus développée économiquement (l’Ulster donc) – s’est trouvé exclu de ce compromis.
D’où une guerre civile irlandaise entre partisans de la poursuite du combat et défenseurs du compromis de 1921. Or, au sein même de l’Ulster – sous souveraineté britannique – il faut savoir que 2 comtés sur les 6 sont de tradition majoritairement républicaine.
Les deux communautés ne pouvaient qu’entrer en conflit frontal ; ce fut le cas dès le début des années 60. En 69, Londres a dû envoyer l’armée pour les séparer – les catholiques ont d’abord voulu y voir une protection contre les exactions des unionistes de Belfast. Mais l’armée ne pouvait que s’allier tôt ou tard à police ; l’IRA reconstituée s’est alors retournée contre elle. La – malheureuse – suite, vous la connaissez…

Chronique du 9 mars 2009

Enfants reclus

10 mars 2009

A Millau, la séquestration par ses parents d’un enfant de sept ans, est un phénomène moins rare qu’on ne pourrait le penser. Il vous a fait songer à quelques cas littéraires… D’abord, cela rappelle Les Noces barbares, de Yann Queffelec, ce grand roman où un enfant, Ludo, né d’un viol, passe les 7 premières années de sa vie caché dans le grenier de ses grands-parents.
Par ailleurs, en tant que Poitevin, j’ai toujours entendu parler de la Séquestrée de Poitiers ; une certaine Blanche Monnier, fruit d’amours réprouvées et qui, en 1901, a été découverte – cinquantenaire, squelettique et nue – dans une chambre aux volets cadenassés, chez la veuve d’un ancien doyen de la Faculté des Lettres. André Gide en a fait un livre.
Ce genre de réclusion peut faire songer, aussi, au sort de l’Enfant du Temple, ce fils survivant de Louis XVI et Marie-Antoinette, détenu dans des conditions affreuses à la prison du Temple ; Françoise Chandernagor en a tiré un ouvrage fort et dur : La Chambre.
Plus généralement et sous des formes diverses, la séquestration d’enfants a toujours existé, mais spécialement dans les sociétés cloisonnées, et avec, pour toile de fond, le tabou de naissances rejetées…
Dans les temps plus récents, on a eu, malheureusement, de nombreux exemples d’enfants reclus. Comme l’année dernière, à Mandelieu dans les Alpes-Maritimes… Rappelez-vous aussi cette petite fille du Pecq – c’était en 2000 – recluse au milieu des chiens ; et cet autre enfant, très jeune, qui – en 1996 – vivait quant à lui au milieu des cochons ; j’arrête là une liste qui serait longue ; sans compter que, bien souvent, ces malheureux enfants ont été victimes de sévices physiques.
Pour terminer sur une note un peu moins sombre – quoique… – j’aimerais vous dire un mot des « hikikomori », ces reclus urbains qui, au Japon, sont devenus un phénomène de société ; ce sont généralement de jeunes hommes, âgés de vingt à trente ans, qui s’enferment chez eux – et même souvent dans leur chambre – et refusent obstinément d’en sortir ; il s’agit d’un véritable phénomène de société, qui toucherait quelque trois millions de Japonais !

Chronique du 6 mars 2009

Loteries

10 mars 2009

Le monopole de la Française de Jeux et du PMU touche à sa fin en matière de paris en ligne ; c’est une véritable révolution pour les parieurs…
Pour les parieurs, mais aussi pour les sociétés gérantes ! En effet à partir du 1er janvier prochain, il devrait être possible aux Internautes, de jouer au poker, de prendre des paris sportifs et de miser sur des chevaux de courses, via différents opérateurs privés. Voilà qui intéresse, entre autres, les sociétés de casino.
Le Pari Mutuel Urbain qui, via France Galop et le Cheval Français, organise et réglemente les courses hippiques en France, est né en 1930 ; quant à la Française des Jeux, née avec le loto en 1976 seulement, elle n’en est pas moins l’héritière de la Loterie nationale, fondée en 1933. Du reste, ce n’est pas un hasard, si ces deux structures ont vu le jour au début des années 30, dans la foulée de la crise de 29 : les gens rêvaient plus que jamais de faire – ou refaire – fortune…
Le premier gagnant de la loterie moderne, en 33, s’appelait Paul Bonhoure ; il était coiffeur à Tarascon.
Mais avant 1933, il y avait bien des loteries en France ! Pour être précis, disons qu’il y en avait eu. La première remonte à 1539, sous le règne de François Ier ! Son fondateur s’appelait Jean Laurent. Par la suite, le pouvoir royal autorise plusieurs systèmes, au XVIIe et au XVIIIe siècle, afin renflouer les caisses de diverses institutions, notamment religieuses.
Le monopole de l’Etat en la matière s’établit sous Louis XV. Et Mme de Pompadour, avec le concours de Casanova, organisera une grande loterie royale pour financer l’Ecole militaire du champ de Mars. Le principe même est ensuite interdit par la Révolution ; mais le Directoire le rétablit dès 1799, et Bonaparte en fera grand usage par la suite.
Aujourd’hui, l’héritier direct de tout cela, c’est le loto, réformé l’année dernière après 32 ans de règles immuables. Vous savez peut-être qu’au passage, vos chances de figurer parmi les gagnants du 1er rang sont passée d’une sur 14 millions à une sur …19 millions !

Chronique du 5 mars 2009

La peur du nouveau

10 mars 2009

Après la cour d’appel de Versailles, c’est au tour du tribunal de Carpentras de condamner un opérateur de téléphonie à démonter une antenne-relais. Dans les deux cas, la justice a invoqué « l’incertitude quant à l’impact » ; les opérateurs, eux, dénoncent la vieille peur du progrès…
Or, les deux points de vue se défendent. D’un côté, la méfiance envers la nouveauté a toujours existé ; pensez, par exemple, au mal qu’a eu Parmentier à imposer la pomme de terre. Ou à la pétition des Parisiens contre la Tour Eiffel, qu’ils voyaient leur tomber dessus.
Souvent, ce sont les machines qui ont fait peur. Et d’abord le train qui, en roulant trop vite, était supposé rendre les gens fous ! Dans les années 1860, la plupart des villes étaient interdites aux premiers vélos, accusés de faire peur aux chevaux. Et je ne parle pas des automobiles !
La vitesse, du reste, a longtemps posé problème – jusqu’à celle des images ! Sachez ainsi qu’en 1938, lors de la sortie du Blanche-Neige de Walt Disney, des médecins se sont élevés contre ce dessin animé qui, trop long, était censé « abîmer les yeux de manière irréversible »…
D’une manière générale, ce qui fait peur, c’est ce qu’on ne comprend pas – et c’est parce que le tube cathodique, la lentille laser, le four à micro-ondes ou même la climatisation utilisent des technologies hermétiques qu’on les a, tour à tour, tant redoutés. En même temps, certaines de ces innovations présentent des risques bien réels… Du reste, ce sont des catastrophes écologiques comme celles de Seveso ou de Tchernobyl qui ont propagé la peur des complexes industriels, notamment la hantise du nucléaire.
Ici intervient le fameux « principe de précaution », formulé par les Allemands en termes philosophiques dans les années 80, reconnu juridiquement lors du sommet de Rio, en 1992. Ce principe veut simplement qu’en l’absence de certitudes quant aux effets d’une innovation sur l’homme ou l’environnement, on doive « prendre sans tarder des mesures visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles ». Quel que soit le nom qu’on lui donne, c’est donc un principe assez sage…

Chronique du 4 mars 2009

Le ventre de Paris

10 mars 2009

Le marché international de Rungis, dans le Val de Marne, a ouvert ses portes le 3 mars 1969, en remplacement des anciennes Halles de Paris. « Anciennes », c’est le mot, puisqu’elles avaient été créées, dans le centre de Paris, par Philippe-Auguste en 1135 ! Ainsi, pendant près de 8 siècles et demi, le marché central de gros alimentant la capitale est resté dans ce même quartier que Zola devait surnommer « le ventre de Paris ».
François Ier, en 1543, puis Louis XV en 1763, enfin Napoléon III en 1863 vont faire reconstruire les Halles– ce dernier chantier portant sur les 12 pavillons conçus par Baltard et dont un seul (celui du marché à la volaille) sera conservé - mais à Nogent-sur-Marne !
Avant ces pavillons, les halles traditionnelles se composaient de galeries à arcades – les « piliers des halles » – avec, au centre, le fameux « carreau », réservé au pain, au beurre, aux œufs et au fromage.
La limite de ces halles pluriséculaires, c’est qu’elles se trouvaient au cœur même de la ville, avec les problèmes insurmontables que vous imaginez en termes de circulation et d’encombrement, de bruit, d’insalubrité … Tous les régimes successifs s’y sont trouvés confrontés : Napoléon Ier a dû y réglementer l’abattage, Louis-Philippe a nourri le projet de les déplacer loin du centre ; c’est finalement le général de Gaulle, en 1959, qui va sceller l’exil des halles à La Villette et surtout à Rungis.
Au moment du déménagement, en 69, le président Pompidou décide de construire un centre culturel dans le quartier voisin de Beaubourg ; puis on créera le très controversé Forum, signé Vasconi pour la partie souterraine, Willerval pour les « parapluie » extérieurs. Un deuxième forum et des jardins suivront en 1986 – en attendant le futur « carreau des Halles » dont le projet vient d’être confié aux architectes Berger et Anziutti.
Quant aux grossistes – ils sont aujourd’hui 1400 et travaillent, comme nous, très tôt – ils occupent les 66 hectares du marché de Rungis, à proximité des axes autoroutiers et de l’aéroport d’Orly par où affluent les marchandises.

Chronique du 3 mars 2009

Les fils des Frères

10 mars 2009

Une semaine après l’attentat qui, au Caire, a touché un groupe de lycéens français de Levallois-Perret, tuant une jeune fille de 17 ans et blessant 25 autres personnes, on s’interroge toujours, en Egypte sur les auteurs et les mobiles de cet attentat.
On sait néanmoins l’essentiel – à savoir, qu’il visait l’entrée du fameux Khan al-Khalili, donnant sur la place al-Hussein – autant dire l’épicentre touristique de la capitale. Quant aux moyens mis en œuvre, rudimentaires, ils rappellent un attentat d’avril 2005, tout près de là et qui avait coûté la vie à deux Français et un Américain.
C’est donc bien le tourisme qui est visé, et à travers lui un type société qui ne convient pas à certains groupuscules islamistes radicaux. Le régime de Moubarak est lui-même, au bout du compte, en ligne de mire ; ces milieux extrémistes lui reprochent une attitude traditionnellement conciliante à l’égard d’Israël.
N’oublions pas que, dans les années 90, des entités ultra-virulentes, comme la Gamaa islamiya (« association islamique »), avaient commencé de s’en prendre aux touristes – on avait déploré, alors, jusqu’à 1 300 morts. Le régime avait durement répliqué, naturellement, et la Gamaa n’a pas eu d’autre choix que de déposer les armes. Mais d’autres groupes, comme les Bédouins du Sinaï, ont pris le relai, visant les stations balnéaires de la mer Rouge ; eux-mêmes ont fait quelque 130 victimes entre 2004 et 2006.
Ce qui est en cause, dans l’actuelle violence islamiste en Egypte, ce sont les groupuscules flottants de ce que l’on appelle l’islam politique, incarné ici, depuis 1928, par les Frères Musulmans de Hassan el-Banna. Ces « Frères » jouissent d’un statut officieux, pour le moins ambigu, mais sont encore très actifs, notamment grâce à la mobilisation, en leur sein, d’une nouvelle génération de cadres bien implantés dans la société civile.

Chronique du 2 mars 2009

Des provinces aux régions

10 mars 2009

Le rapport du comité Balladur sur la réforme des collectivités territoriales n’en finit pas de susciter de vives réactions, notamment de la part des élus locaux. C’est notamment le passage du nombre de régions de 22 à 15 qui fait des remous.
Ces régions administratives ne sont pourtant pas très anciennes, elles remontent à la IVe République – précisément à 1956. Elles étaient 24 à l’origine, et sont devenues 22 en 1960. On les a dotées de conseils régionaux en 72, et du nom officiel de « régions » en 82 seulement.
Mais ces régions sont les héritières d’une double tradition. L’une, moderne, remonte au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand on a éprouvé le besoin de regrouper certaines entités économiques, comme les chambres de commerce, pour les rendre plus fortes.
L’autre tradition, ancienne, est celle des vieille provinces du royaume – une réalité surtout empirique et culturelle, sans véritable assise administrative dans l’ancienne France. On parlait de Beauce, d’Artois, de Berry, sans que des contours en aient été fixés par des textes.
Pour être honnête, ce qui, dans cette affaire, irrite les élus, c’est moins la refonte des régions que la fusion proposée, à partir de 2014, des conseils général et régional en un seul conseil territorial…
A la même date, on envisage aussi la création d’un Grand Paris, la commission proposant que la capitale fusionne avec sa petite couronne. Or, c’est en 1964 que la région parisienne a été découpée en huit départements – dont un à part entière pour Paris. Cette restructuration intervenait elle-même un siècle après la création houleuse, sous Napoléon III et le baron Haussmann, de la ville de Paris telle que nous la connaissons, avec ses vingt arrondissement – qui, à l’époque, englobaient les communes de Montmartre, de Bercy, de Charonne, de Passy, etc.
Ce que j’essaie de vous dire, c’est que tous ces découpages ont toujours évolué, mais que leur évolution a toujours été impopulaire.

Chronique du 27 février 2009

Adjugé !

10 mars 2009

373 millions et demi d’euros : c’est ce qu’aura finalement rapporté la dispersion, aux enchères, de la collection d’art d’Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé. Et l’on parle, évidemment, de la « vente du siècle ».
Vente du siècle pour la scénographie, l’affluence, la distinction du parterre, les chiffres records en rafale. Incontestablement, ces enchères sont un bel hommage au goût et au discernement des deux collectionneurs.
Voilà un succès qui tombe à pic, pour donner un coup de fouet au marché de l’art. Il renvoie aux calendes la vente Ganz de 97 avec ses 207 millions de dollars. Néanmoins, je vous rappelle qu’en novembre 2006, déjà chez Christie’s, une seule vente avait totalisé presque 500 millions de dollars.
Pour ce qui est de la France, loin de tels records, quelques vacations récentes avaient fait date. Rappelez-vous, en 99, la vente de la collection Besteigui, mise en scène in situ au château de Groussay par Sotheby’s et l’étude Poulain-Le Fur ; ou bien, l’année suivante chez Christie’s, celle de la collection Lagerfeld.
On peut voir dans ces grands événements une conséquence de l’ouverture du marché français aux maisons de vente étrangères – donc un effet de la loi de juillet 2000 !
La maison Christie’s, coorganisatrice cette fois, n’est pas une nouvelle venue sur le marché ! Elle a été fondée à Londres en 1766, un an avant sa grande rivale Sotheby’s, et officiait déjà, en 1795, pour la dispersion des joyaux de Mme Du Barry. Un demi-siècle plus tard, Sotheby’s s’offrirait le luxe de mettre aux enchères la prodigieuse bibliothèque de Talleyrand.
Il faut vous dire que la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe ont été un âge d’or pour les ventes aux enchères : celle du mobilier du château de Versailles, qui a duré toute une année, de l’été 1793 à l’été 1794, aura liquidé près de 17000 lots ! Inutile de vous dire qu’il s’agit d’un record absolu, sans doute indépassable.
Pas étonnant, sachant cela, que Paris ait longtemps été la capitale du marteau d’ivoire ; elle l’est restée, bon an, mal an, jusqu’à la dernière guerre ; mais depuis, les anglo-saxons ont pris le relai…

Chronique du 26 février 2009